Des signes d’adhésion du Tchad à l’AES commencent à apparaitre

Des signes d’adhésion du Tchad à l’AES commencent à apparaitre

Ces derniers temps, les relations entre le Tchad et l’Alliance Sahel ont connu un développement remarquable et sans précédent, reflété par l’échange régulier de visites entre des délégations de haut niveau des deux parties, qui ont donné la priorité aux questions liées à la lutte contre le terrorisme, à la stabilité politique et à la coopération économique.

Parmi les trois pays de cette alliance, qui ont bénéficié d’une attention significative du gouvernement tchadien ces derniers mois, figure le Burkina Faso, que le président Déby a visité le 21 février avec une importante délégation, après avoir reçu une invitation de son homologue burkinabè, Ibrahim Traoré, pour assister au « FESPACO » (Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou) en tant qu’invité d’honneur.

Pendant cette visite, les deux leaders avaient discuté des aspirations communes dans les domaines sécuritaire et économique, ainsi que de la poursuite d’une véritable souveraineté et de la lutte contre le néocolonialisme et le terrorisme.

Cependant, certains membres de la délégation tchadienne accompagnant Déby ont déclaré que parmi les points clés abordés par les deux dirigeants lors de cette rencontre figurait la question de l’adhésion du Tchad à l’AES, et la tentative de rapprocher les points de vue des dirigeants de l’alliance et de Déby.

Selon des sources tchadiennes, le Premier ministre tchadien Allah Maye Halina a tenu une réunion avec l’ambassadeur du Burkina Faso au Tchad, Boukaré Zoungrana, le 2 avril 2025, où l’idée de créer une force de défense conjointe entre le Tchad et les trois pays du Sahel pour répondre aux défis sécuritaires auxquels sont confrontés ces pays a été discutée. L’initiative visant à ce que le Tchad rejoigne l’Alliance tripartite a également été évoquée.

A son tour, le ministre tchadien des Affaires étrangères, Abdoulaye Sabre Fadoul, a reçu les ambassadeurs des trois pays le 3 avril 2025, ou les 4 parties ont souligné la nécessité d’intensifier les efforts des quatre pays (Burkina Faso, Mali, Niger et Tchad) pour relever tous les défis sécuritaires liés au terrorisme, en intégrant le Tchad à l’AES.

Plusieurs experts politique estiment que les récents changements dans la scène politique et sécuritaire du Tchad nécessitent son adhésion à l’alliance sahélienne. Outre les menaces terroristes représentées par les attaques répétées de « Boko Haram » contre les positions de l’armée tchadienne, les pays voisins entourant le Tchad connaissent un état de chaos et d’instabilité sécuritaire, comme le Soudan et la Libye, ce qui constitue un danger pour la sécurité et la stabilité du pays.

Bien que les forces françaises aient déjà été présentes au Tchad, elles n’ont pas réussi à aider le pays à combattre les attaques terroristes de « Boko Haram », ce qui a poussé Déby à abandonner leurs services et à les expulser du pays à la fin du mois de novembre
dernier.

Quant à la force multinationale conjointe formée en 2015 pour combattre les groupes armés dans la région du lac Tchad, qui comprend qui comprend le Nigeria, le Tchad, le Cameroun, le Niger et le Bénin, Déby a menacé de s’en retirer après que ses forces ont
été empêchées par ces pays membres de poursuivre le groupe terroriste « Boko Haram » suite à son attaque contre l’armée tchadienne à Barkaram fin octobre dernier, qui a entraîné la mort de 40 soldats tchadiens.

Dans ce vide sécuritaire, la classe politique tchadienne exige de plus en plus que N’Djamena rejoigne l’AES pour éliminer le terrorisme et l’instabilité aux frontières avec les pays voisins. Décembre dernier, certains partis politiques au Tchad ont appelé à capitaliser sur la
nouvelle dynamique du départ français en renforçant les alliances stratégiques régionales, notamment en poursuivant cette «< approche audacieuse >> en intégrant le Tchad à l’AES.

Par ailleurs, des organisations publiques, menées par le Mouvement « Des Jeunes avec MID (Mahamat Idriss Déby) » ont appelé le 31 janvier dernier le président du pays à rejoindre l’Alliance sahélienne. Le leader du mouvement a exhorté le président Déby à envisager d’adhérer à l’Alliance, soulignant qu’il s’agissait d’une demande de la jeunesse tchadienne, qui a exprimé sa volonté de soutenir cette initiative.

À ce jour, l’Alliance des états du sahel a mis en place une force armée unifiée de 5 000 hommes, une annonce faite en janvier 2025. Peu de temps après, un nouveau modèle de passeport portant le logo de l’alliance a été lancé, remplaçant progressivement les passeports de la CEDEAO. Des discussions sont actuellement en cours pour abandonner le franc CFA et introduire une monnaie propre à l’alliance.

Les experts estiment que les trois pays du Sahel ont obtenu de nombreux succès en peu de temps dans divers domaines, notamment en matière de sécurité et de lutte contre le terrorisme, ce qui pourrait aider le Tchad à combler le vide sécuritaire dont il souffre s’il rejoignait l’AES.