La Coalition nationale de soutien au Hirak de Figuig ne capitule pas face à l’appareil oppressif du régime du Makhzen, du fait qu’elle est soutenue par les habitants de la ville de Figuig, située au sud-est du Maroc, pour que chacun reste ferme dans son opposition à la privatisation de l’eau et adhère à l’exigence que la gestion collective et solidaire de l’eau par la population ne soit pas compromise.
La Coalition nationale de soutien au Hirak de Figuig qui regroupe des représentant·es de certaines organisations syndicales, partis politiques de gauche et associations, a organisé une caravane de solidarité avec le Hirak de Figuig sous le slogan « persévérance, unité et solidarité pour les droits et la dignité » du 14 au 17 novembre 2024. Cette caravane, partie de Casablanca vers Figuig en passant par plusieurs villes, a regroupé près d’une cinquantaine de participant·es. Elle a été chaleureusement accueillie par la Coordination locale du plaidoyer pour l’eau de Figuig. Les habitants ont organisé le vendredi 15 novembre, un sit-in devant la préfecture de la ville.
- La coalition a considéré dans « l’appel de Figig » que confier la gestion de l’eau de l’oasis à des particuliers est une violation de la démocratie participative locale, un abus de la volonté des habitants, une violation de leurs droits de propriété, un mépris de son riche histoire dans sa gestion et un déni de ses efforts pour construire ses canaux de distribution et de drainage grâce à ses propres mains.
La coalition a mis en garde contre la gravité d’autres dimensions de la privatisation de l’eau dans l’oasis de Figig, notamment le démantèlement de la cohésion sociale et l’érosion de la culture et de l’identité qui se poursuivent depuis des siècles en parfaite harmonie avec la nature et l’environnement, appelant les autorités du Maghzen à répondre immédiatement aux demandes du Hirak et que l’État assume sa responsabilité à tous les niveaux pour préserver le riche patrimoine naturel et historique de l’oasis et travailler.
Les autorités marocaines, désespérées de réprimer la dissidence, ont eu recours à une campagne systématique d’intimidation, de désinformation et de répression judiciaire. Parmi les figures clés du mouvement de protestation de Figuig figure Mohamed Brahimi, connu sous son pseudonyme « Movo ». Activiste de premier plan, Movo a été arrêté et initialement condamné à trois mois de prison pour son rôle dans l’organisation de manifestations contre le projet de privatisation de l’eau. Cependant, les autorités ont prolongé sa peine à huit mois à la suite d’un appel, une décision prise pendant une période de tension accrue entre l’État et les manifestants.
La libération de Movo en octobre 2024 a été accueillie avec un accueil massif par le public, car il est revenu dans sa communauté comme un symbole de défiance contre les tactiques autoritaires du Makhzen. Son emprisonnement, ainsi que l’arrestation et la condamnation d’autres militants comme Halima Zaid, qui a été condamnée à six mois de prison avec sursis, mettent en évidence les tentatives désespérées du régime pour briser l’élan du mouvement Hirak de Figuig.
Malgré la répression brutale, la résistance à Figuig reste inébranlable. Les manifestations en cours ont attiré l’attention sur les conséquences désastreuses de la privatisation de l’eau, établissant des parallèles avec les échecs observés dans d’autres grandes villes comme Casablanca, Rabat et Tanger, où la privatisation a conduit à une mauvaise gestion financière, à une dégradation de l’environnement et à des troubles sociaux.
La résistance à Figuig témoigne de la résilience du peuple marocain face à la répression systémique. Alors que le mouvement Hirak continue de gagner du terrain, il met en évidence le contraste frappant entre les actions du régime oppressif et les aspirations démocratiques des Marocains ordinaires qui refusent d’être réduits au silence.
La répression continue du régime du Makhzen à Figuig rappelle brutalement la détermination du gouvernement marocain à privilégier le profit au détriment du bien-être de ses citoyens. Malgré les tentatives de l’État pour réprimer la dissidence, l’esprit de résistance à Figuig ne fait que se renforcer.